Le labo argentique

A
l’heure du tout numérique, on peut se poser la question de l’intérêt de continuer à travailler en argentique, de développer ses pellicules et de faire ses tirages. Cela demande du temps, un bon apprentissage et de la pratique, sans compter qu’il est de plus en plus difficile de se procurer les pellicules, les feuilles, les produits chimiques, …  Il faut également pouvoir disposer d’un local bien aménagé où prend place l’agrandisseur.  Même si on peut trouver de très bons boîtiers argentiques et du matériel d’occasion à des prix très intéressants, il faut quand même prévoir un investissement de départ non négligeable et par la suite un coût à la photo sans commune mesure avec la photo numérique. On  mettra aussi en opposition le nécessaire délai entre la prise de vue et le résultat sur papier de la photo argentique et l’immédiateté de la photo numérique qui peut être vue tout de suite après la prise de vue, effacée ou encore, transmise à l’autre bout de la terre quelques secondes plus tard. Mais d’un autre côté, cette attente n’est-elle pas l’un des charme de l’argentique ? Et que dire du plaisir de voir la photo se révéler dans le bains ? Après, les inconditionnels, des nostalgiques vont diront par exemple que le N&B numérique n’est pas encore au niveau de l’argentique (encore faut-il bien maîtriser son affaire), que la photo dématérialisée on la prend puis on la jette, que le numérique demande lui aussi beaucoup de travail (tri, post-traitement, stockage, …).

J’ai trouvé cette citation du photographe de presse Marc CHAUMEIL, qui s’est mis au numérique mais n’est pas décidé à s’affranchir de l’argentique :

Le numérique est génial pour le travail sur les images. Associé à l’argentique, c’est un mélange parfait. Mais la photo telle que je la pratique avec mon fidèle Leica, et dont le déclin semble inéluctable, reste de l’ordre du sensuel, de l’ergonomie humaine. Avec l’argentique, l’image est tout de suite fixée sur son véritable support. Le négatif est un original pur, un dépositaire unique alors que l’image numérique n’est qu’une suite de 0 et de 1 et se balade d’écran en écran, se dissémine sans plus de copie et d’original, de premier tirage. Le numérique a un côté glacé, froid, métallique, c’est une image lisse, polie, avec un autre mode de relation à la reproduction. C’est le règne de l’immatériel, qui change nos méthodes de travail. L’outil entraîne une autre façon de percevoir la photo mais cette nouvelle relation à l’image est tout aussi belle, forte, la couleur de l’époque change avec la technique et c’est très bien ainsi.

 

Depuis plusieurs années déjà, les « anciens » du photo-club sont tous passés au numérique, certains  ont encore une certaine nostalgie de l’argentique et peuvent à l’occasion ressortir le révélateur, le fixateur, les pinces et les bacs, … et d’autres ont définitivement franchi la barrière. Il y a une autre race de photographes, celle de ceux qui ont débuté avec le numérique et qui ont envie de découvrir l’argentique (dont je fais partie). Enfin, il y notre spécimen, Thierry, responsable du labo, qui résiste encore et toujours et ne veut pas lâcher son reflex argentique.

Le photo-club a encore son labo et a même investi récemment dans un agrandisseur (d’occasion). Alors, c’est pas génial d’avoir le choix… de faire l’un, l’autre… ou les deux ?!

 

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